Parti socialiste : la tuile !

Publié le par Bender

Parti socialiste : la tuile !

La roche Tarpéienne est proche du Capitole. La politique suisse, que l’on décrit parfois comme ennuyeuse, réserve pourtant de ces surprises. Ainsi, les élections zurichoises de dimanche dernier. Les sondages, et les bien-pensants, se focalisaient sur le parti radical, qui devait « logiquement », -le fameux sens de l’histoire !-, poursuivre sa « descente en enfer ». Le jour même du vote, une dépêche d’agence rappelait que les prévisions n’étaient pas du tout favorables au PRD. Pour les camarades socialistes, en revanche, tout devait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Car, défenseurs patentés du peuple, ils avaient le courage de combattre « l’axe du mal » bourgeois et capitaliste. L’élection zurichoise était présentée comme un test national, une sorte de répétition générale des élections fédérales. On allait voir ce qu’on allait voir, quand, patatras … l’affreuse nouvelle tombait : les socialistes perdaient le tiers de leurs sièges au Grand Conseil. Et cela, dans le plus grand canton suisse, à moins de six mois des échéances d’octobre ! Quant aux « pauvres radicaux », ils obtenaient un très bon résultat au gouvernement, occupant même les premières places, et ils conservaient intacte leur représentation parlementaire. Incroyable, mais vrai ! Quoi, le parti socialiste zurichois, si cher à Moritz Leuenberger, le Machiavel de la troisième voie…ferrée, qui s’effondre au profit surtout des Verts libéraux. Bref, le socialisme, victime du libéralisme ! Quelle ironie de l’histoire ? Surtout pour une gauche qui ambitionne d’atteindre les sommets, et rêve de faire tomber Hans-Rudolf Merz, le ministre qui a rétabli les finances de la Confédération, par un travail opiniâtre, sans esbroufe !

N’éprouvons pas de « Schadenfreude », de joie mauvaise, car, quelle que soit l’opinion que l’on se fait d’elle, la gauche a toute sa place au sein du pouvoir suisse. L’économie doit sa prospérité au fait que les équilibres sociaux sont assurés. Reste à espérer que les socialistes sauront mener leur autocritique. Car, aussi vrai que les Radicaux ont repris goût à la victoire et à la lutte, le rétablissement du parti socialiste est nécessaire à la cohésion sociale et au fonctionnement régulier de notre démocratie. Je sais, on m’accusera de tomber dans la démagogie et de ne pas croire à ce que j’écris. Et pourtant, je le pense vraiment. Les quatre partis gouvernementaux sont d’une force à peu près égale dans les parlements cantonaux, occupant chacun un cinquième des sièges. Sur le front des Exécutifs, les libéraux-radicaux occupent la première place (46) devant le PDC (42), suivi du PS (31) et de l’UDC (19). Enfin, l’avez-vous remarqué : le nouveau Conseil d’Etat zurichois a la même composition que l’actuel Conseil fédéral. La démocratie de concordance n’est pas morte, elle a encore de beaux jours devant elle.

Léonard Bender
Publicité

Publié dans politich

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article