25 septembre : la sécurité du "Oui"
La sécurité du « Oui »
Va-t-on assister, après le 25 septembre, à la plus grave crise politique de ces dernières décennies ? On pourrait le redouter si l’on devait prendre pour argent comptant les résultats du dernier sondage publié par Le Matin Dimanche, qui laisse présager un « Non » à l’extension aux dix nouveaux membres de l’UE de la libre circulation des personnes. Si la voie bilatérale est compromise, le 25 septembre, 13 ans après le refus de l’EEE, la Suisse se trouvera dans une impasse. Et les partisans du « Non » seront alors d’un piètre secours, puisqu’ils défendent aucune alternative crédible. Au contraire, ils semblent miser sur la politique du pire, à des fins électoralistes. En effet, la droite nationaliste a intérêt au chaos et à la crise économique. Elle sait – à l’instar de l’extrême-gauche – que c’est en eau trouble que l’on pêche parfois le plus gros poisson ! Si la coalition de la gauche de la gauche et de la droite de la droite arrivait à former une majorité, alors il y aurait quelque chose de pourri dans notre pays. Dans ce cas – il faudra bien s’incliner devant la volonté populaire – nous resterait plus qu’à entrer, d’une certaine façon, en résistance. Mais cette issue demeure improbable, parce que le peuple suisse, s’il rechigne parfois aux réformes audacieuses, sait, mieux que quiconque, compter, et peser son intérêt. Il sait que notre économie gagne de l’argent avec l’Europe, et que de la qualité et du volume de ce commerce dépendent, pour une grande part, notre revenu national et nos emplois.
A dire vrai, entre les incertitudes du « Non » et la sécurité du « Oui », les Suissesses et des Suisses devraient choisir la raison et refuser l’aventure des extrêmes.
Léonard Bender