Asile : commentaires sur un sondage

Publié le par Bender

Asile : commentaires sur un sondage

A moins de six semaines de la votation du 24 septembre sur l’asile, un sondage donne le oui à 43% et le non à 30%, avec 27% d’indécis. Comment analyser ces chiffres ? De mes études en sciences politiques, je retiens qu’un sondage est un instantané de l’opinion publique, et que sa fiabilité dépend, pour une bonne part, de la taille de l’échantillon et de la proximité du vote. A ce stade, le plus utile est de comparer ce sondage avec les résultats de la votation sur l’asile du 13 juin 1999, tels qu’analysés par l’Institut de recherche gfs de l’Université de Genève.

A l’époque déjà, la différence entre la Suisse alémanique (72% de oui) et la Suisse romande (58% de oui) avait retenu l’attention. Le sondage d’août 2006 constate le même écart de 14 points (48% à 34%). L’analyse Vox avait également mis en évidence le fait que, dans les catégories de la population les moins bien informées, 10 à 30 % avaient voté non lors du référendum sur la loi sur l’asile alors même qu’ils approuvaient un durcissement de la législation tel que proposé !

Le sondage souligne aussi que plus les gens sont informés moins il y a de non. Ainsi, en Suisse alémanique, où les indécis sont un tiers moins nombreux, les non ne progressent pas, et se fixent à 30%, comme en Suisse romande.
Que se passera-t-il d’ici au 24 septembre ? Avec l’envoi de la notice explicative du Conseil fédéral, qui recommande un oui très argumenté à la loi révisée sur l’asile, et les nombreux débats publics, il y a fort à parier que les indécis pencheront majoritairement en faveur du oui. L’analyse Vox sur l’initiative sur l’asile a montré qu’à l’époque la brochure du Conseil fédéral avait suscité « un intérêt encore plus élevé que d’habitude », et qu’elle avait été lue par 74% des électrices et électeurs. Il en ira sans doute de même pour ce scrutin. Ainsi, il n’est donc pas trop insensé d’avancer que l’issue de la votation du 24 septembre fait peu de doute. Même si la sagesse enseigne qu’il faut, lors d’un scrutin populaire, se battre jusqu’au bout, d’autant que la loi sur l’asile, n’en déplaise à ses détracteurs, est une loi juste et ferme.

Léonard Bender


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Publié dans politich

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