Sarkozy, l'ultime recours !

Publié le par Bender


Nicolas Sarkozy ou l’ultime recours d’une droite française éclatée !

Je n’ai jamais caché mes affinités avec le ministre français Nicolas Sarkozy. Je le tiens – à l’instar de l’opinion publique d’ailleurs – pour le véritable champion de la droite hexagonale. Malgré la situation déliquescente du pouvoir exécutif, lui seul offre (encore ?) des raisons d’espérer à sa famille politique. Depuis 1978, toutes les majorités parlementaires sortantes ont connu la défaite dans les urnes. Jamais le mot alternance n’aura autant mérité son sens puisque au rythme d’un métronome les Français ont systématiquement renvoyé tous les gouvernants dans l’opposition. En 1981, 1988 et 1997 à l’occasion de dissolutions (les deux premières suivant une élection présidentielle) et en 1986, 1993 et 2002, lors du terme normal de la législature, d’une durée de cinq ans. L’année prochaine, l’Assemblée nationale, investie en 2002, arrivera au bout de son mandat. Rappelons que l’élection présidentielle de 2007 aura lieu, sauf situation extraordinaire, avant les législatives. Cette circonstance revêt une grande importance, car elle pourrait troubler la cadence des alternances survenues ce dernier quart de siècle, en raison de la place singulière qu’occupe Nicolas Sarkozy dans le jeu politique. D’une certaine manière – cela est bien sûr nié par la Gauche notamment qui entend mettre « tout le monde dans le même sac » - le chef de l’UMP n’incarne pas le pouvoir sortant actuel, bien qu’il soit, formellement, le numéro 2 du Gouvernement !
Ainsi la règle de l’alternance pourrait ne pas jouer ! Pour deux raisons. La première tient précisément au fait que l’élection présidentielle précède les législatives. La seconde, que le vote en faveur de Sarkozy à la présidence apparaisse aux yeux d’une majorité de Français comme un vote de rupture. En d’autres termes, le ministre de l’Intérieur figure autant l’opposition qu’un Laurent Fabius, Lionel Jospin ou une Ségolène Royal.

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Il faut encore considérer deux autres éléments. La France vit une crise profonde de ses institutions. L’instauration du quinquennat présidentiel, dont l’ambition était d’insuffler une meilleure respiration à la démocratie française, a chamboulé les équilibres. Le rôle du Premier ministre a été dévalorisé. Ce dernier n’est plus, dans les faits, le véritable chef de la majorité. La concordance de la durée du mandat présidentiel et avec celle du mandat parlementaire fait du locataire de Matignon un exécutant des volontés de l’Elysée plus qu’un patron du Gouvernement. La crise des institutions a empiré aussi, au début de l’actuel quinquennat, lorsque les Français ont été privés d’un vrai second tour de l’élection présidentielle. En effet, tout s’était joué au premier tour, avec l’élimination du candidat socialiste au profit de Jean-Marie Le Pen, lequel, de toute évidence, ne pouvait l’emporter. Or, en France, le second tour de l’élection présidentielle est capital, car il a vocation à clarifier et à structurer le débat politique. Rien de tel en 2002. Les 82 % de voix de Jacques Chirac (qualifié au premier tour avec moins de 20 % !) ne constituaient pas un plébiscite pour le candidat mais pour la République. D’où le malentendu fondateur de ce quinquennat hasardeux. Attention à ne pas répéter les mêmes erreurs ! Car le probable bon score du Front National et le foisonnement des candidatures, à droite comme à gauche, risquent, une fois encore, de fausser tous les pronostics.


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Enfin, l’instabilité française et le lent déclin du « New Labour » de Tony Blair affectent nécessairement l’équilibre européen. Les rapports de force actuels semblent, objectivement, profiter à l’Allemagne réunifiée. Ce glissement du centre de gravité du pouvoir, sur le Vieux-Continent, ne sera pas sans conséquence, y compris pour la Suisse. Plus que jamais, nous devons veiller à entretenir les meilleures relations avec l’ensemble de nos partenaires de l’Union européenne. En mettant un accent particulier sur les nouveaux pays de l’Est, avec lesquels nous seront appelés, de plus à plus, à nouer des relations politiques, commerciales et culturelles de grande ampleur.

Léonard Bender



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Publié dans politich

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