Passeport biométrique

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Sécurité et liberté

 

Le débat référendaire sur l’introduction dans notre pays du passeport biométrique est révélateur des clivages idéologiques, et de leur excès. Pour les uns, l’Etat n’a d’autre intention que de placer la population sous surveillance. Pour d’autres, les autorités suisses auraient servilement plié devant la pression extérieure, en généralisant inutilement le passeport biométrique. Comme souvent, quand on fait la part des choses, force est de constater que la modification des lois sur les documents d’identité et sur les étrangers est tout à fait sensée.

 

De quoi s’agit-il ? Tout simplement de renforcer la sécurité, en augmentant la protection du passeport suisse contre la falsification et son emploi frauduleux. Alors que les organisations criminelles ne cessent d’améliorer le « savoir-faire » de leurs entreprises illégales, il serait assez piquant de voir les Etats se laisser distancer et ne pas utiliser, pour la sécurité de leurs citoyens, les technologies les plus avancées. Par définition, un passeport contient des données individuelles, telles que le nom, le prénom, la photographie du visage ou encore la taille. Avec l’introduction du passeport biométrique seront enregistrées dans la puce électronique également deux empreintes digitales. Ces données stockées dans la puce ne pourront être lues, par précaution, qu’au moyen d’un lecteur à courte distance et uniquement si ce lecteur dispose de la bonne clé électronique.

 

Le nouveau passeport n’a pas seulement pour but de renforcer la sécurité, mais il contribue surtout à garantir la liberté de voyager des Suisses. Ils pourront ainsi se rendre aux Etats-Unis ou transiter par ce pays, en échappant à la laborieuse procédure préalable d’obtention d’un visa. Sans parler que la Suisse doit rester active dans l’espace Schengen/Dublin. L’accord de Schengen a aboli les contrôles systématiques des personnes aux frontières entre les Etats concernés, mais a exigé un accroissement de la sécurité, en contrepartie. Quant à l’accord de Dublin, on se rappelle, il détermine quel pays est compétent pour traiter d’une demande d’asile. Tout bien pesé, il est dans l’intérêt de la Suisse de participer au développement des acquis de Schengen. Il en va de notre liberté et de notre sécurité.

 

Léonard Bender

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