Fuite en avant

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Le test de la Corée du Nord

 

Si l’est un dossier délicat à gérer, c’est bien celui de la Corée du Nord. Cet Etat fantasque, organisé sur le modèle marxiste-léniniste le plus rigide, donne du fil à retordre non seulement à ses voisins, mais aussi à la communauté internationale.

 

Le 5 avril dernier, Pyongyang a procédé au lancement d’une fusée destinée à montrer ses capacités en matière de missiles à longue portée. Le Conseil de Sécurité de l’ONU a voté, dans la foulée, une protestation contre le tir, mais  cela n’empêche pas les responsables coréens de faire la sourde oreille et de choisir la fuite en avant. On sait que la nouvelle administration américaine veut s’impliquer dans le dossier coréen, aux connexions qui tendent jusqu’au Moyen Orient, puisqu’il est communément admis que Kim Jong-il commerce avec la Syrie et l’Iran dans le domaine militaire.

 

Comment amener un Etat à coopérer alors qu’il fonctionne sur un registre dictatorial et que ses dirigeants ont développé dans la population un sentiment de crainte et de peur ? Les dernières images télévisées du Grand Leader nord coréen montre un homme amaigri, sans doute encore malade. Il concentre néanmoins dans ses mains l’essentiel du pouvoir, tant militaire que civil. Sa disparition ne mettrait pas fin au système, puisque le flambeau se transmet comme en une monarchie. L’actuel chef de l’Etat n’étant autre que le fils de l’ancien dirigeant Kim il Sung, dont le culte persiste des années après sa mort.

 

A l’orée de l’Europe, en Albanie, sévissait, il y a quelques années, une dictature plus ou moins comparable. Elle a fini par tomber, emportée par l’élan démocratique qui a gagné toute l’Europe de l’Est. Pour la Corée du Nord, l’optimiste n’est pas de mise et il est à craindre que le régime puisse encore tenir des années. Pourtant, la pression internationale ne se relâchera pas. A noter, par exemple, que le traditionnel allié, la Chine, s’est joint aux autres membres permanents du Conseil de Sécurité pour voter la résolution condamnant le tir nord-coréen. Mais cela ne suffit pas à faire croire qu’elle est vraiment décidée à agir pour transformer le régime ami en profondeur. Dommage que la marge de manœuvre soit si étroite car l’économie nord-coréenne est exsangue et sa population paye un lourd tribut aux délires et aux utopies des ses chefs.

 

Léonard Bender

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