Réflexions post-électorales

Publié le

Quelques réflexions post-électorales

 

Tout au long de la campagne, nous n’avons eu cesse de répéter que le premier tour de l’élection au Conseil d’Etat serait décisif. L’élection tacite est venue rappeler cette donnée élémentaire. Le PLR et son candidat ont donc eu raison de jeter toutes leurs forces dans la bataille du 1er mars, si on en juge le large appui populaire obtenu par Claude Roch. Finir au quatrième rang, qui plus est, talonner le duo Melly/Tornay sur l’ensemble du canton et les devancer même dans le Valais romand, constitue un résultat remarquable. En tout cas, cet excellent score n’était pas attendu par certains journalistes qui, malgré tout, une fois les chiffres officiels connus, se sont montrés très fair play en soulignant la véritable performance de Claude Roch. Son succès peut aussi être analysé comme un plébiscite de l’école valaisanne. Une école qui se porte bien et qui continuera probablement d’avoir à sa tête un chef de département qui, n’ayant plus le souci d’une réélection, pourra mener sereinement à chef les importantes réformes en cours.

 

Ces élections cantonales 2009 préfigurent une évolution assez profonde du paysage politique valaisan. Premièrement, la formule gouvernementale pourrait se modifier à moyen terme. Le PDC du Valais romand, avec ses 28,7%, ne va pas pouvoir très longtemps occuper deux sièges au Gouvernement. Les Jaunes, malgré le résultat en trompe-l’œil de leur candidate, ont mangé leur pain blanc. Avec 6,9 % des voix sur l’ensemble du canton, leur prétention à disposer, en permanence, d’un conseiller d’Etat paraît exorbitante. Surtout que la percée de l’UDC dans le Haut pourrait entraîner, à terme, une fusion des Jaunes et des Noirs. Deuxièmement, le PLR peut s’affirmer assez vite comme la principale force du Valais romand, grâce à son nouvel enracinement dans les villes. Il peut devancer le PDC (37,5 % pour ce dernier contre 30,5 % aux Libéraux-Radicaux). Troisièmement, la gauche, malgré certains problèmes de réglage avec son allié vert, dispose de la taille critique pour garantir sa place au Gouvernement. Il suffit d’examiner les évolutions dans le canton de Fribourg, qui nous est assez comparable, du moins dans sa partie francophone.

En tout état de cause, le Valais poursuit sa mue, en ressemblant de plus en plus au reste de la Suisse. Même si, paradoxalement, son identité demeurera plus forte que jamais !

 

Léonard Bender

 

 

Commenter cet article