Lundi 2 août 2010 1 02 /08 /Août /2010 16:03

 

Mesdames, Messieurs,

Chers compatriotes,

Quelle joie et quel honneur de partager avec vous cette soirée du 1er août. De vivre à vos côtés cet instant solennel et convivial de notre fête nationale.

Merci aux organisateurs de m’y avoir convié.

J’adresse un grand et cordial salut à vous toutes et à vous tous, Valaisans, Confédérés, Résidents et Hôtes.

Une mention spéciale aux enfants. Je garde aussi le souvenir intact de ces cortèges aux lampions de ma jeunesse : mes premières émotions patriotiques !

Salut à Massongex, commune carrefour aux confins des districts de St-Maurice et de Monthey. A la fois sentinelle du Chablais et avant-poste du Bas-Valais savoyard. Massongex, vieille terre de civilisation romaine.

La commune est le pilier de notre démocratie. Elle contribue grandement à forger notre identité, laquelle doit être sans cesse cultivée. C’est d’ailleurs une des raisons d’être du 1er août.

En effet, il n’est pas inutile, au moins une fois l’an, de s’arrêter un moment et de réfléchir ensemble au sens profond de l’idée de patrie : cette maison commune dans laquelle chacune et chacun a son importance.

Car la patrie ne peut se concevoir que comme un élément d’unité et de raffermissement du sentiment d’appartenance. Et non comme un exercice d’embrigadement et de rejet. « Le patriotisme, c'est aimer son pays; le nationalisme, c'est détester celui des autres", disait fort justement le général de Gaulle.

 

Mes chers compatriotes,

La Suisse, ce n’est pas qu’un territoire ou une superficie. C’est avant tout une idée. Une certaine idée de la démocratie, de la justice et de la liberté.

Une certaine idée de la démocratie :

Constitutive de notre identité, de notre façon d’être. Nous sommes Suisses parce que citoyens. Il faut mesurer la chance que nous avons de pouvoir tout simplement exprimer notre avis. Donner notre opinion. Emettre un choix, de personnes ou de projets. Aujourd’hui encore, dans le monde, beaucoup subissent la persécution ou la prison pour le seul crime de vouloir la démocratie.

Une certaine idée de la justice ensuite :

Dans notre pays, la loi exprime vraiment la volonté générale, puisque le peuple est associé étroitement à son élaboration. Nous savons que le maintien du pacte social dépend de l’observance par le plus grand nombre de la loi. Loi, qui nous rend libres et nous protège. La justice suppose l’égalité des chances et la symétrie des sacrifices.

Une certaine idée de la liberté enfin :

La démocratie est la patrie des femmes et des hommes libres. Elle ne s’épanouit vraiment que dans la liberté. Laquelle ne doit pas être réservée à une poignée, une élite, mais étendue à la multitude. Sinon elle devient privilège.

 

Mes chers compatriotes,

Notre démocratie suisse est inachevée, imparfaite. Des inégalités persistent. Mais, quel chemin parcouru ces derniers cent ans, notamment sur le plan économique et social.

Quelques chiffres pour illustrer cette évolution.

En 1910, la population était de 3,75 millions ; aujourd’hui plus du double.

Les ménages d’une ou de deux personnes représentaient le ¼ des ménages ; aujourd’hui plus des 2/3 !

La part des adolescents de moins de 15 ans s’élevait à plus du 1/3 de la population ; aujourd’hui, seulement à 15 %. C’est dire l’ampleur des mouvements et des évolutions démographiques.

 

Les personnes nées dans la commune où elles habitent formaient plus des 2/3 des habitants il y a un siècle ; aujourd’hui, moins d’un tiers ! C’est dire l’accroissement formidable de la mobilité.

 

Le PIB réel par habitant était de Fr. 13'000.- avant la Première Guerre mondiale ; il est cinq fois plus élevé aujourd’hui, avec Fr. 65'000.-.

Si l’on prend en compte l’IDH (l’indice de développement humain) qui intègre l’espérance de vie et le niveau scolaire, la hausse est encore plus marquée. C’est dire la forte progression de notre prospérité.

 

 

Ce progrès, nous le devons à la « savante ingéniosité » des hommes, pour reprendre l’expression de Jacqueline de Romilly, de l’Académie française.

Mais également aux efforts et au travail acharné des générations qui nous ont précédés. A l’apport inestimable aussi de centaines de milliers d’étrangers.

La  prospérité n’est jamais acquise pour l’éternité. Elle requiert une application et un engagement de tous les instants.

Les violentes convulsions financières de ces dernières années, qui n’ont pas épargné notre pays, sont là pour nous rappeler la nécessité d’une « vigilance scrupuleuse », selon le mot d’Adam Smith, le père du libéralisme.

 

Cinq dangers guettent notre patrie, et notre devoir est de les prévenir.

 

Le délitement institutionnel. Des signes montrent que le mal est avancé : campagne électorale permanente, absence de véritable confiance entre les partis gouvernementaux. L’antidote : l’engagement politique. Un pays dans lequel le citoyen s’implique constitue la meilleure des préventions contre les aventures et les dérives.

 

La tentation inégalitaire. Une certaine pensée veut nous faire croire que la justice sociale serait un frein au progrès alors qu’il en est la condition. La Suisse connaît la « paix du travail ». Il lui faut découvrir les bienfaits de la « paix des retraites ». En associant plus étroitement les partenaires sociaux aux décisions nécessaires, destinées à renforcer le financement et la sécurité du premier et du deuxième pilier.

 

Le risque du repli identitaire. Robinson Crusoé sur son île n’était pas un homme libre, mais un homme seul ! Notre destin est celui d’un peuple en marche, ancré dans son siècle, fier de ses racines, mais arrimé au monde. Nos liens avec les nouveaux pôles de croissance de la planète doivent s’intensifier. Tant il est vrai que la Suisse se grandit dans l’ouverture au monde et se consume dans le repli sur soi.

 

 Le manque de confiance dans la capacité du pays. A écouter ou à lire certains, la Suisse ne serait que renoncement, abandon, reculade ou abaissement. Les « déclinologues » de tous bords pullulent. Ils se trompent. Ils nous trompent. La Suisse n’a pas à raser les murs.

 

L’absence de grande ambition. La Suisse n’est véritablement elle-même que quand elle s’attèle aux grands défis de notre temps. Ainsi, notre pays doit porter la voix des sans-voix. Il doit s’engager sur la scène internationale, notamment dans la lutte contre la faim et les maladies dans le monde et la défense des libertés. Car notre prospérité comporte des devoirs.

 

En conclusion, je veux renouer avec mes propos du début.

Oui, la Suisse n’est pas seulement un espace, une expression géographique. Elle existe aussi et surtout par les valeurs qu’elle incarne, et elle se doit de les promouvoir avec constance : la démocratie, la justice et la liberté.

 

Vive Massongex ! Vive la Suisse, notre pays, notre patrie !

 

Léonard Bender, avocat


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Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /Avr /2009 09:58

Sécurité et liberté

 

Le débat référendaire sur l’introduction dans notre pays du passeport biométrique est révélateur des clivages idéologiques, et de leur excès. Pour les uns, l’Etat n’a d’autre intention que de placer la population sous surveillance. Pour d’autres, les autorités suisses auraient servilement plié devant la pression extérieure, en généralisant inutilement le passeport biométrique. Comme souvent, quand on fait la part des choses, force est de constater que la modification des lois sur les documents d’identité et sur les étrangers est tout à fait sensée.

 

De quoi s’agit-il ? Tout simplement de renforcer la sécurité, en augmentant la protection du passeport suisse contre la falsification et son emploi frauduleux. Alors que les organisations criminelles ne cessent d’améliorer le « savoir-faire » de leurs entreprises illégales, il serait assez piquant de voir les Etats se laisser distancer et ne pas utiliser, pour la sécurité de leurs citoyens, les technologies les plus avancées. Par définition, un passeport contient des données individuelles, telles que le nom, le prénom, la photographie du visage ou encore la taille. Avec l’introduction du passeport biométrique seront enregistrées dans la puce électronique également deux empreintes digitales. Ces données stockées dans la puce ne pourront être lues, par précaution, qu’au moyen d’un lecteur à courte distance et uniquement si ce lecteur dispose de la bonne clé électronique.

 

Le nouveau passeport n’a pas seulement pour but de renforcer la sécurité, mais il contribue surtout à garantir la liberté de voyager des Suisses. Ils pourront ainsi se rendre aux Etats-Unis ou transiter par ce pays, en échappant à la laborieuse procédure préalable d’obtention d’un visa. Sans parler que la Suisse doit rester active dans l’espace Schengen/Dublin. L’accord de Schengen a aboli les contrôles systématiques des personnes aux frontières entre les Etats concernés, mais a exigé un accroissement de la sécurité, en contrepartie. Quant à l’accord de Dublin, on se rappelle, il détermine quel pays est compétent pour traiter d’une demande d’asile. Tout bien pesé, il est dans l’intérêt de la Suisse de participer au développement des acquis de Schengen. Il en va de notre liberté et de notre sécurité.

 

Léonard Bender


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Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /Avr /2009 11:20

Le test de la Corée du Nord

 

Si l’est un dossier délicat à gérer, c’est bien celui de la Corée du Nord. Cet Etat fantasque, organisé sur le modèle marxiste-léniniste le plus rigide, donne du fil à retordre non seulement à ses voisins, mais aussi à la communauté internationale.

 

Le 5 avril dernier, Pyongyang a procédé au lancement d’une fusée destinée à montrer ses capacités en matière de missiles à longue portée. Le Conseil de Sécurité de l’ONU a voté, dans la foulée, une protestation contre le tir, mais  cela n’empêche pas les responsables coréens de faire la sourde oreille et de choisir la fuite en avant. On sait que la nouvelle administration américaine veut s’impliquer dans le dossier coréen, aux connexions qui tendent jusqu’au Moyen Orient, puisqu’il est communément admis que Kim Jong-il commerce avec la Syrie et l’Iran dans le domaine militaire.

 

Comment amener un Etat à coopérer alors qu’il fonctionne sur un registre dictatorial et que ses dirigeants ont développé dans la population un sentiment de crainte et de peur ? Les dernières images télévisées du Grand Leader nord coréen montre un homme amaigri, sans doute encore malade. Il concentre néanmoins dans ses mains l’essentiel du pouvoir, tant militaire que civil. Sa disparition ne mettrait pas fin au système, puisque le flambeau se transmet comme en une monarchie. L’actuel chef de l’Etat n’étant autre que le fils de l’ancien dirigeant Kim il Sung, dont le culte persiste des années après sa mort.

 

A l’orée de l’Europe, en Albanie, sévissait, il y a quelques années, une dictature plus ou moins comparable. Elle a fini par tomber, emportée par l’élan démocratique qui a gagné toute l’Europe de l’Est. Pour la Corée du Nord, l’optimiste n’est pas de mise et il est à craindre que le régime puisse encore tenir des années. Pourtant, la pression internationale ne se relâchera pas. A noter, par exemple, que le traditionnel allié, la Chine, s’est joint aux autres membres permanents du Conseil de Sécurité pour voter la résolution condamnant le tir nord-coréen. Mais cela ne suffit pas à faire croire qu’elle est vraiment décidée à agir pour transformer le régime ami en profondeur. Dommage que la marge de manœuvre soit si étroite car l’économie nord-coréenne est exsangue et sa population paye un lourd tribut aux délires et aux utopies des ses chefs.

 

Léonard Bender


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Lundi 30 mars 2009 1 30 /03 /Mars /2009 13:23

L’importance du tourisme

 

C’est une banalité que de souligner l’importance du tourisme pour notre canton. Les derniers chiffres publiés au sujet de l’hôtellerie valaisanne parlent d’eux-mêmes : 4,5 millions de nuitées pour l’exercice 2008, ce qui constitue une année record. L’ouverture du tunnel du Lötschberg a sans doute contribué à cet essor. Bien sûr, en 2009, les résultats devraient se ressentir de la mauvaise conjoncture mondiale. Même si, pour la prochaine saison d’hiver, ce seront peut-être davantage les conditions météo qui feront la différence.

 

Le Valais vient de se doter d’une nouvelle loi sur le tourisme, qui devra passer le cap populaire puisque le référendum a abouti. Espérons qu’avant le vote du souverain, les différents acteurs du tourisme, notamment les communes concernées, feront un travail préalable d’information en précisant leurs intentions quant à la perception de la taxe touristique d’hébergement (TTH). Laquelle, on le sait, peut varier de Fr. 10.- à Fr. 30.- le m2, avec un coefficient de pondération allant du simple au décuple, selon le type de logement et sa localisation. Les hôteliers ont pu d’ailleurs, à raison, mieux faire préciser les surfaces entrant dans les calculs. De la même manière, les communes pourront exonérer les mayens situés hors de la zone touristique.

 

Ce qui importe en définitive, c’est de moderniser la promotion touristique, dans un marché très concurrentiel, surtout dans l’arc alpin. Le secteur doit pouvoir compter sur des ressources suffisantes pour rivaliser avec les autres destinations européennes. A ce propos, il ne faut jamais perdre de vue un élément capital : pour rendre attractive une station, il convient impérativement d’accorder une bonne place à l’offre hôtelière. Comme le savent très bien faire nos amis haut-valaisans. Car l’hôtellerie remplit plusieurs fonctions. Elle offre des places de travail et assure une fréquentation régulière aux remontées mécaniques et aux espaces de détente ; elle attire une clientèle dotée d’un solide pouvoir d’achat  et crée une animation qui va bien au-delà de ses murs. Enfin, elle est peu gourmande en surface bâtie. Autrement dit, c’est en remettant l’hôtel au milieu de la station que l’on forge le meilleur avenir de notre tourisme.

 

Léonard Bender


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Lundi 23 mars 2009 1 23 /03 /Mars /2009 13:04

Transition …

 

Le 22 avril prochain, je passerai le flambeau à mon successeur. La conduite de trois campagnes cantonales en qualité de président du parti – 2001, 2005 et 2009 – constitue assurément un bail d’une bonne durée. Ajoutez à cela quatre ans d’intense activité à l’échelon national, et l’on voudra bien considérer que le temps du renouvellement est venu. En politique, il faut regarder devant soi, tout en gardant bonne mémoire. L’avenir qui se dessine requiert un engagement soutenu. J’ai la conviction que notre famille politique dispose des ressources nécessaires pour l’affronter.

 

D’abord, elle peut compter sur un personnel politique de grande qualité. Que ce soit dans les communes et au parlement cantonal, ou encore au sein de nos nombreuses sections, une nouvelle génération a émergé. Souvent mieux formée que l’ancienne, certainement plus au fait des exigences de la communication moderne. Cette génération a toute sa place dans notre parti. A elle de faire ses armes et ses preuves.

 

Ensuite, notre ligne de conduite est claire : nous sommes le parti des libertés, des réformes et de la solidarité. Nous ne sommes pas prisonniers de dogmes rigides. Nous croyons à l’économie sociale de marché. Et, en toute chose, nous privilégions la solution qui respecte le plus la personne humaine, et qui favorise la prospérité commune. Nous sommes un parti de gouvernement, attaché au pluralisme et convaincu qu’un Etat impartial, reposant sur une fiscalité modérée, est dans l’intérêt du plus grand nombre.

 

Enfin, sur un plan plus politique, nous tenons des positions stratégiques. La présidence des villes du Valais romand (Sierre, Sion, Martigny et St-Maurice, avec la perspective de reprendre demain celle de Monthey) peut être un tremplin vers le futur. Car ces pôles régionaux rayonnent sur leur environnement. Et la réussite de ces présidences pourrait déboucher, à terme, sur un renversement de tendances à l’intérieur du centre droite.

 

Dans le Valais romand, le PLR a vocation à jouer le premier rôle. Le PDCVR a perdu des plumes le 1er mars. Il ne pèse plus que 28 % des voix sur l’ensemble du canton. Nous le talonnons à 5 points, avec 23 % du corps électoral (plus de 30 % dans la seule partie francophone).

 

23 %, cela représente plus que la force de tous les partis haut-valaisans représentés au Grand Conseil, qui avec 22,37 % des suffrages occupent 39 sièges au Parlement contre … 28 au PLR !

 

Léonard Bender


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